La Chronique de Mr Blue : L'autre jour, visitant des amis, j'ai pu vérifier que les adages avaient encore de beaux jours à venir. Ainsi certains corps de métiers offrent des services de haute qualité quand ils s'oublient dans leur propre foyer. Cette petite réflexion prêtant à sourire peut se prolonger sur d'autres horizons, au hasard, la musique. Est-ce que les meilleurs jazzmen sont à la Nouvelles-Orléans, les citharistes en Inde et les rockeurs chez les anglo-saxons ? Difficile à dire tant la multitude des artistes qui se font et se défont peuvent cacher les talents ou en tout cas ralentir leur éclosion. Inversement, peut-on s'exposer à empiéter sur les plates-bandes (sonores) d'un pays à la culture musicale identifiée quand on grandit et évolue ailleurs, au risque de la comparaison caustique et de la dénomination plagiaire? Un pays plus que beaucoup d'autres a cette facilité à s'inspirer de la culture anglo-saxonne en y ajoutant des ingrédients propres tout en évitant soigneusement de faire tourner la mayonnaise, la Belgique. Et Balthazar, groupe ici à l'honneur, ne nous fera pas mentir sur leur premier opus, Applause. Alors bien sûr on retrouve les traits de la Pop-Rock britannique, une rythmique tour à tour entrainante ou entêtante, comme sur le premier titre « Fifteen floors » où le piano puis les cuivres et les choeurs nous plongent superbement dans la chanson et donc dans l'album. Bien sûr on retrouve une attitude détachée et nonchalante, cher au dandysme anglais, sur I'll stay here tandis que la composante basse-batterie qui jalonne tout le morceau de Morning nous ramène à la troupe d'Alex Turner. Mais les membres de Balthazar sont bien plus que cela, ce n'est pas pour rien qu'ils se sont fait remarquer pour leur maturité artistique dès 2005, alors que ces derniers étaient à peine majeurs. D'abord par la cadence singulière de leur son, mid-tempo, ni très enlevé, ni très lent, retrouvé tout au long de l'album et conforté en cela par la voix placide de Maarten Devoldere, que l'on peut rapprocher d'un Peter Doherty ou des Cold war kids du début. Dans ce sens il est à souligner le très bon blues nappé d'électro et de vocalises étagées de Blues for Rosann. En parlant de voix, les autres membres appuient tout le temps celles de Devoldere soit sur des choeurs soit en voix principales en une étonnante chorale (The Boatman), montrant qu'il n'y a pas de leader mais une vraie bande unie. Ensuite car la touche féminine, Patricia Vanneste de son patronyme, apporte au delà de la fraicheur de sa tessiture vocale, violon et synthé donnant plus de profondeur et de complexité aux arrangements (More ways). Enfin les textes de Balthazar montre, si tant est que l'on avait oublié, que le Rock ne se limite pas à de puissantes harmoniques et la Pop à de belles ballades. Blood Like wine, dernier titre d'Applause résume parfaitement ce que cette bande peut nous proposer. La Belgique semble belle et bien capable de rejoindre Londres sans payer les transports.

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